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Françoise Stassin a la passion du football chevillée au corps depuis son plus jeune âge. À huit ans, elle tapait dans le ballon en cachette, car sa mère lui interdisait de jouer. Joueuse pendant 18 ans, dénicheuse de talents pour l’équipe nationale pendant onze ans et aujourd’hui, à 58 ans, membre du comité du Stade Brainois et manager de l’équipe féminine, qui évolue en Provinciale 1.

Avec une présence dans le milieu du football féminin longue d’une trentaine d’années, et après avoir fait tout ce qui était possible de faire dans le football féminin, Françoise Stassin a évidemment beaucoup de choses à dire sur son développement. « C’est positif, mais il y a encore des choses à revoir. La médiatisation de la RTBF, via la diffusion du Championnat d’Europe va faire du bien au foot féminin. Cependant, on ne s’intéresse pas encore suffisamment à nous. »

Une sous-médiatisation couplée à une méconnaissance, voir à un dédain, de la part de nombreux acteurs du football masculin. « On a toujours du mal à faire comprendre que ce n’est pas réservé aux hommes. Il y a un véritable travail à faire au niveau des mentalités. Personnellement, j’ai toujours invité les hommes à venir voir du football féminin. » Pour leur faire comprendre que ce n’est pas « du folklore. »

Et ces griefs sont surtout adressés à la Wallonie. « Dans le nord du pays, c’est beaucoup plus professionnel. Quand vous voyez les clubs flamands débarquer, ça n’a rien à voir avec les équipes du sud du pays. Nous sommes vraiment en retard. »

Ne pas être dans l’ombre des hommes, à la marge, c’est ce qu’elle essaye de faire au quotidien au Stade Brainois. Pour renvoyer une belle image du foot féminin. « Nous sommes sur le même pied d’égalité que l’équipe première. Il n’y a pas de différence entre nous. Même type de maillot, même terrain d’entraînements. Bref, les mêmes conditions de travail que pour l’équipe première. »

Aujourd’hui, même si elle avoue qu’elle devrait un peu lever le pied, Françoise Stassin ne tournera jamais le dos au ballon rond. Le football, « c’est mon oxygène », assure-t-elle.

Le Stade Brainois veut monter

Comme l’année dernière, l’ambition du Stade Brainois sera de jouer les premiers rôles en tête du classement. «  Et si possible la première place », indique Françoise Stassin. «  On s’était donné trois ans pour arriver en Provinciale 1, ça a été fait dès la première année. Nous n’avons pas l’intention de jouer petit bras, nous regardons vers le haut. C’est dans cette optique qu’on a reformé un petit peu l’équipe. Avoir des jeunes joueuses c’est bien, mais il faut aussi de l’expérience pour les encadrer. Quelques anciennes joueuses de l’ancien club sont revenues. Elles ont déjà évolué au niveau national et elles connaissent la musique. »

Clairement, le club brainois veut placer une équipe féminine au niveau national. «  Il y a des objectifs fixés par la nouvelle dynamique du club. On s’est relancé, on a voulu diversifier un maximum notre club. Relancer une équipe féminine performante, ça fait partie de cette dynamique-là. »

Contrairement à leurs homologues masculins, les joueuses du Stade Brainois n’ont pas connu deux montées en deux ans. «  L’année passée, il y a eu quelques petits couacs et c’est Anderlues qui a été champion. »

Après le départ de Jean-Marie Blondelle, c’est Thierry Chesneau, entraîneur chez les jeunes, qui s’est proposé spontanément pour reprendre les filles. « Il connaissait la maison », indique Françoise Stassin. « L’avenir nous dira si nous avons fait le bon choix. Jusqu’à présent, la mayonnaise prend. On a un groupe de 20 joueuses qui sont assidues aux entraînements. Je pars confiante et je suis contente de notre recrutement et de la façon dont les choses commencent à se dessiner. »